Renée Furrer, Marie-Claire Meier et Paul Brunner se partagent les cimaises de l’Espace culturel Assens. Leurs chemins de création balisés par des traces, lignes, écritures, sculptures et installations sont autant d’escapades en terre inconnue balayée par un vent de poésie.
De sa formation en architecture,
Renée Furrer garde la rigueur, que
l’on trouve dans ses gravures, la recherche d’espace pour sa peinture, le tracé sûr et décidé de son trait qui fait vibrer ses dessins.
L’utilisation des diverses techniques permet à chacune d’évoluer et de nourrir les autres sans jamais devenir figée dans une expression
qui manquerait de fraîcheur et de
spontanéité. Du figuratif à l’abstrac
tion, elle passe de l’un à l’autre pour
relancer l’intérêt du spectateur.
Atmosphères et espaces naturels,
inspirés par les chemins parcourus.
Poésie du geste immuable, re
cherche de lieux intimes dans
lesquels on s’évade.
Marie-Claire Meier fabrique sa
propre matière originale, celle-ci
faisant partie intégrante de l’œuvre
picturale.
Les mains sont le prolongement
de l’âme. Elles cherchent,
questionnent, doutent, se
souviennent, triturent la matière, la
déchirent et la recréent. Alchimie.
Elles connaissent la mémoire
universelle et façonnent une histoire
personnelle, alphabet sans cesse
renouvelé.
«Le langage de Marie-Claire Meier
tient de la littérature indicielle où tout
est signe, où tout fait signe. Ils
ensemencent la matière, comme
une voix encore inaudible.
Un regard nouveau qui dépasse
la connaissance pour chercher
la perception.»
Michel Gobet
Les peintures de Paul Brunner
se révèlent au travers d’une dé
marche où la trace, le geste et la
couleur prennent forme et s’ins
crivent dans diverses thématiques.
Dans Traces, c’est l’expression
d’une volonté d’amener chacun
à imaginer ce qu’aurait pu être le
tableau avant qu’il ne disparaisse
partiellement pour ne laisser appa
raître que sa trace; autrement dit
donner la place à chacun de rêver
Dans Transfigurations, c’est une
vision transposée de portraits imagi
nés qui laissent apparaître les zones
de turbulence de l’individu ou de son
apparence déguisée. Dans Paysage
cursif, c’est une correspondance
avec l’univers: le flamboiement du
feu, le jaillissement de l’eau, la fluidité
de l’air, les ravages de la terre, ses
points de tension.